08 juillet 2008
Invisible
Passez votre chemin, y'a rien à voir.
18 février 2008
No body
Ce corps qu'on a souillé depuis tant d'années... comment espérer encore pouvoir l'aimer un jour?
Altéré par la nature, dénaturé par les femmes, maltraité par les hommes. Finalement, soi-même on l'altère, on le dénature, on le maltraite, et certains s'étonnent encore qu'y apposer des marques indélébiles soit si facile, si dénué de regrets, si peu sujet à réflexion...
La peau n'est qu'une toile et la chair une substance, le corps n'est qu'un bout de viande que l'on doit nourrir et porter comme un fardeau, parfois un outil quand il ne se met pas à se désarticuler, souvent un boulet, et la vie est sa chaîne.
Que faire d'un tas d'os qui fait souffrir plus qu'il laisse vivre? On n'a pas bien le choix de s'en embarrasser, mais parfois, on aimerait qu'il nous laisse tranquille, ne serait-ce que quelques heures. Et d'autres fois, on aimerait le mettre définitivement à la benne et couper la chaîne...
30 janvier 2008
Bonheur artificiel
Dix milligrammes chaque matin. Direct dans le neurone. Bisounours powaaa, et c'est parti pour une nouvelle journée de bonheur artificiel. Le moral est HS, tu le sens tout au fond de toi, cette pierre lourde qui te tire vers le fond, mais t'as tes dix milligrammes d'enthousiasme chimique qui te maintiennent la tête hors de l'eau. Un milligramme pour partir au boulot, un autre pour dire bonjour avec le sourire, encore un pour rester aimable avec les vieilles connes en phase de ménopause. Allez, mettons deux, parce qu'elles le valent bien. Trois milligrammes pour tenir la journée sans se rouler par terre en se vidant de sa flotte par les yeux. Deux pour ramper de nouveau jusqu'à chez soi.
Et enfin, en espérant que le dernier ne se soit pas perdu dans les vapeurs de la somnolence, le garder pour l'étoile qui, malgré tout, veille. Des fois ça marche pas, et ton dernier milligramme s'est effectivement fait la malle tu sais pas où, alors ça te rend conne et ça te contracte la cervelle, et ça te fait mal et il faut que tu fasse mal, alors tu fais mal à la seule personne qui n'essaie pas de t'appuyer sur la tête pour te noyer un peu plus, et tu te déteste encore plus parce que t'es vraiment trop conne, et amuse-toi après ça pour te sortir de ce putain de merdier...
Alors tu sais quoi tes histoires de carence en sérotonine elles me font bien marrer mais en attendant c'est plutôt de quelques bonnes tartes bien placées dans ta gueule que t'aurais besoin. Suffit de trouver le bon angle.
11 novembre 2007
I-robot
Ne pas avoir le droit de le dire. Ne pas avoir le droit de le montrer. Se l'interdire quand on le pourrait, en crever d'envie quand on ne le peut pas. Vouloir juste que quelq'un le remarque, en vouloir à tous ceux qui ne le voient pas. En vouloir à tout le monde, donc. La planète entière est fautive. Chaque être vivant, chaque atome est fautif. Cause de malheur. Cause de tristesse. Tous des enculés, peu importe ce qu'ils ont fait, peu importe qu'ils ne me connaissent même pas. C'est de leur faute, c'est tout.
Être heureuse un jour, malheureuse le lendemain. Pas de raisons, juste des faits. C'est pas une vie.
Détester les gens qu'on aime mais vouloir qu'ils nous aiment plus. C'est pas une vie non plus.
Savoir qu'on est malade mais ne pas oser se faire soigner. Se plaindre pour des broutilles et garder le plus insupportable au fond. On se rapproche de la mort.
Chercher du réconfort et se retrouver à consoler. Vouloir se faire comprendre mais comprendre sans être compris. La mort se rapproche aussi.
Être considérée comme un robot sans sentiments, une machine qui fait, pense, parle, écoute, réfléchit sans s'émouvoir. Froideur maîtrisée, chaleur calculée, sourires mesurés et larmes cachées. Mort totale? Non. Non-vie. Juste un élément du paysage.
Je voudrais juste avoir le droit de souffrir, aussi. Si j'en avais le droit, peut-être que je souffrirais moins.
Allez tous vous faire foutre.
11 juin 2007
Vie de chienne, chienne de vie
Chienne en puissance.
Pétasse révélée.
Gourmande dégoûtée.
Crevure inavouée.
Malade en liberté.
Vivante morte.
Fausse heureuse.
Fausse malheureuse.
Vraie gourde.
Vraie fourbe.
10 juin 2007
Cécité
La cécité n'est pas seulement un handicap. C'est parfois un choix.
Je connais un tas d'aveugles. Aucun qui souffre d'un handicap quelconque. Tous des aveugles par choix. Ou par manque de temps. Ou par manque d'envie. Par manque d'intérêt, tout simplement.
Bienvenue dans le monde de l'invisibilité. Trompe-l'oeil. Caméléon qui se fond avec le paysage, juste un relief qui n'a rien à faire là. Le gris se mêle au gris. Juste une question de similitude.
09 juin 2007
Mutisme
« T’as un souci ? »
« Non… Pourquoi ? »
« Je te sens pas comme d’habitude. Dis-moi ce qui va pas. »
« Mais ça va, j’te dis… »
Je n’ai jamais su mentir… Mais je n’ai jamais su dire la vérité. Trop pesante, trop ancrée dans les intestins, impossible à déloger, alors que ça ferait tellement de bien. Alors que j’ai envie de la hurler, hurler jusqu’à en perdre le souffle, jusqu’à en chialer de douleur, mais jusqu’au soulagement.
« Quelque chose ne va pas ? »
« Si, ça va. »
« Je te sens… abattue. »
« Mais non, ça va. Un peu fatiguée peut-être. »
C’est à elle que la vérité est la plus difficile à dire, pourtant c’est à elle que je déteste le plus mentir. Mais je n’ai jamais été capable de lui dire que ça n’allait pas. Elle a trop trimé pour moi. Je n’ai pas le droit de lui jeter à la figure que quelque part, elle a raté un petit quelque chose.
Ce qu’ils ne comprennent pas c’est que je ne veux pas parler. Je sais que c’est ça, la solution, mais de toute façon j’en suis incapable. Il n’y a rien à expliquer. C’est comme ça et puis c’est tout. Ils ne comprennent pas que tout ce dont j’ai besoin, c’est qu’on me prenne dans ses bras et qu’on me laisse pleurer, me vider jusqu’à la déshydratation.
Pleurer. Rien de tel pour se vider de toutes ces saletés. Mais je n’ai pas le choix, je dois stocker. Pas de bras sur lesquels m’appuyer. Mais après tout je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. J’ai négligé les bras en pensant ne plus en avoir besoin.
05 juin 2007
Bas les masques
Cette manie de faire semblant… Pourquoi ?
À quoi ça sert de faire semblant si on n’arrive pas à se persuader soi-même ?
Ne pas blesser les autres, faire comme si tout allait bien. Après tout, tout va bien. Oui, à l’extérieur, tout va bien. Aucune raison que ça n’aille pas à l’intérieur.
Il doit y avoir un truc qui cloche. Un boulon déboulonné. Un fusible qui a pété. Un fil qui a lâché. Quoi ? Quand ?
Comment réparer ? Si seulement je le savais. Si seulement j’avais une raison. Une bonne raison. Je le veux, vraiment. Je l’ai voulu toute ma vie. Mais ma vie n’a pas voulu de moi. Je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas comment. C’est ainsi. C’est merdique.
Alors je me contente de jouer la comédie, je cache l’horreur sous des sourires, je cache le vide par des plaisanteries. Mais le masque s’use. Il m’use. Je ne sais pas où je vais. Je n’irai pas loin, de toute façon.
J’ai beau prendre des bonnes résolutions tous les jours et me dire que chaque jour est un jour nouveau, chaque jour est identique au premier, éreintant, blessant. Et dire qu’il suffirait d’une simple attention, parfois, pour l’illuminer. Mais à force de se plaindre, plus personne ne nous demande si ça va. On sait que ça va pas, et on finit par s’en foutre. L’habitude crée l’indifférence. Après tout je l’ai bien cherché.
Je voulais juste un sourire d’encouragement. Un petit mot pour me dire que j’allais y arriver. Rien de plus. Rien de moins. Et ça repartirait sans problème.
S’entendre dire, pour une fois, que ce que j’ai, ce que j’arrive à faire, je l’ai mérité, et pas seulement que c’est normal. Oui, c’est normal de travailler dur pour avoir la vie qu’on veut. Mais c’est normal aussi d’avoir besoin du soutien de ceux qu’on aime. Pas seulement des « Ben oui, c’est ce que t’as voulu », ou des « Ouais mais c’est quand même pas parfait ».
Que faut-il faire pour qu’enfin on arrête d’attendre de moi la perfection, putain ! Qu’est-ce qu’il faut faire pour que une fois dans ma vie, une seule, on me dise « Mais c’est pas grave, t’as quand même fait de ton mieux » ?
On a beau se dire que c’est pour soi qu’on fait tout ça, moi je ne l’ai jamais fait pour moi. Je l’ai fait pour mon père, pour ma mère, pour voir la fierté dans leurs yeux. Je l’ai vue, la fierté, mais pas celle que je voulais.
J’ai vu la fierté d’avoir mis au monde un être qui a des bonnes notes à l’école.
Je voulais juste la fierté de m’avoir mise au monde, moi.