Similitudes

Pourquoi moi? Pourquoi toi? Pourquoi eux?

04 juin 2007

Ouverture - Acte 1

Simili a vingt ans et quelques poussières. Sa vie est redevenue normale. Elle étudie l’anthropologie et elle aime ça. Elle est avec Gwen depuis presque deux ans et elle l’aime. Une petit quelque chose la tracasse depuis quelque temps mais elle sait que ce n’est que temporaire. Maintenant, les choses roulent toutes seules.

8 avril 2005. Une petite soirée pour l’anniversaire d’une copine. Elle s’amuse bien. Elle discute, elle boit un peu.

Coralie est en train de lui parler, mais depuis quelques minutes elle ne l’écoute plus vraiment. Elle a juste un peu mal à la poitrine, ça vient des côtes, sur le côté. La cigarette. Ça fait ça, des fois, des petites douleurs qui inquiètent, mais après tout elle l’a bien cherché.

Sauf que cette douleur est différente. Inquiétante. Et s’amplifie.

Elle s’assoit, attend, mais ça ne passe pas. Elle a envie de rentrer. Se coucher, demain ça ira mieux. Gwen lui propose de la raccompagner, il y a deux cent mètres à faire à pied.

Elle a du mal à marcher, du mal à respirer. Comme si on lui avait planté un couteau entre les côtes, transpercé le poumon de par en par. Jusqu’au milieu. Ça fait mal. Elle aimerait prendre une grande bouffée d’air frais mais elle arrive à peine à inspirer de quoi se garder éveillée.

Elle pensait aller se coucher mais finalement demande à Gwen de l’emmener aux urgences. D’habitude, il ne lui vient même pas à l’idée d’appeler le médecin, même avec une fièvre de cheval. Mais elle a si mal…

Elle est bien accueillie, là-bas. On ne la fait même pas attendre. Electrocardiogramme, OK. Saturation, OK. Elle s’attend même à voir arriver George Clooney.

On l’ausculte sous tous les angles, on l’écoute respirer, tout est normal. Il fait chaud, elle est au calme, on lui donne un petit calmant, elle se sent mieux. Elle n’a presque plus mal et respire presque normalement.

On la fait tout de même attendre avant de sortir, que le médecin de garde donne son feu vert. Deux heures plus tard, elle arrive enfin. Simili en a marre, elle veut rentrer se coucher.

L’urgentiste l’écoute à son tour respirer.

« C’est bizarre, tu n’avais pas entendu ça ? » demande-t-elle à son interne.

Il écoute.

« C’est fou ! Il n’y avait rien tout à l’heure ! »

« Mais quoi à la fin ? »

« On va faire une radio. »

Verdict : c’est un pneumothorax.

Un quoi ?

Elle a déjà entendu ce mot dans Urgences. Mais où est George à la fin ?

« Rien de bien grave », dit-elle calmement en lui posant un cathéter.

Un peu d’air et le poumon qui fait la tronche à la plèvre.

« On va juste vous garder pendant la nuit, avec un peu de chances ça se sera résorbé demain matin. Ça arrive. Sinon, on mettra juste un minuscule tuyau qui aspirera l’air, rien de terrible. »

A-t-elle déjà eu un tuyau en travers du poumon celle-là ? Non, probablement. Simili non plus, mais elle n’a pas vraiment envie d’essayer.

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